Derby de Manchester : United insuffisant, City piquant

Ce dimanche soir se déroulait l’une des plus belles affiches de ce début de saison de Premier League : le derby de Manchester, entre une équipe de City remaniée à l’été, et des Red Devils qui souhaiteraient retrouver le niveau entrevu l’an dernier. 

À dix contre onze pendant le plus clair de la rencontre, ce sont finalement les SkyBlues qui ont accroché la victoire en terrain ennemi, pour plonger dans le doute leurs adversaires du soir, et peut-être lancer définitivement leur saison. 

Analyse de cette performance. 

United : un problème d’animation

Malgré la supériorité numérique acquise à la suite d’un geste d’humeur de Phil Foden, Manchester United a connu les plus grandes difficultés à se créer des occasions nettes. 

La faute à une animation offensive extrêmement pauvre, incapable de faire peser la moindre pression sur la surface cityzen, créant une possession stérile du ballon. 

Mbeumo et Rashford, malgré un positionnement différent en phase de possession, possèdent un profil relativement similaire, provocateur et puissant sur les premiers mètres. La saison dernière, la présence de Matheus Cunha sur le côté gauche offrait une réelle solution créative à même de servir de liant aux attaques mancuniennes, complémentaire aux appels profonds venus de l’axe et du côté droit. 

Cunha était pourtant buteur face au même adversaire en janvier

Ce positionnement permettait également de libérer le couloir au latéral grâce à la tendance du brésilien à dézoner, créant du mouvement pour multiplier les zones de danger. 

Aligné en pointe depuis le début du nouvel exercice, les consignes désormais appliquées tendent à invisibiliser ses prestations. Décrochant aux côtés de Bruno Fernandes, il perd de l’impact qu’il possède une fois face au jeu, semblant même développer son football contre-nature par moment. 

Les appels profonds réalisés par Diogo Dalot pour compenser l’absence d’un attaquant axial ont prouvé dimanche qu’ils ne suffiraient pas à créer des occasions dangereuses. Peu habitué à figurer aussi haut, le portugais ne possède pas la science offensive nécessaire à de telles demandes, réduisant les possibilités collectives d’aboutir à une occasion nette. 

L’entrée de Sesko, bien trop tardive, n’a pu compenser cette réalité malgré un profil à même de peser sur la surface. Habile dans les airs, solide au duel et doté d’une finition clinique, le slovène pourrait incarner un début de réponse, si Carrick lui en laisse la place. Buteur en Ligue des Champions face au modeste Sabah FK, l’ancien de Leipzig possède un profil parfaitement à même de s’adapter à la Premier League, et pourrait devenir le point de repère attendu, l’homme à chercher pour faire trembler les filets. 

Reste à savoir si l’entraîneur venu relever son club de toujours la saison dernière acceptera de faire évoluer son idée de jeu pour le bien collectif, pour enfin lancer une saison entamée du mauvais pied. 

City progresse

En miroir de leur adversaire du jour, Manchester City a parfaitement su adapter son approche aux faits de match. L’exclusion de Phil Foden a rapidement rebattu les cartes, et les hommes de Maresca ont délivré une prestation sérieuse pour accrocher une victoire sur laquelle il faudra bâtir. 

Regroupé devant sa surface en seconde période, laissant la possession à United, le collectif cityzen a rapidement développé de nouveaux automatismes pour fermer la porte aux combinaisons adverses, forçant les Red Devils à rester hors de la boîte ou tenter leur chance de loin. 

Gardant la tête froide pour préserver leur lucidité, ils ont repoussé toute tentative venue des airs, avant de démontrer une réelle qualité de projection. L’entrée d’Illiman Ndiaye à la pause a pesé dans la rencontre, le sénégalais offrant un vent frais aux siens une fois le ballon au pied, et apportant plus de travail défensif que Rayan Cherki avant lui. 

Il aura suffit d’un coup bien senti, marqué par la qualité technique et la complémentarité dont font déjà preuve les ailiers de City, pour trouver Haaland et faire mouche. 

Malgré une rencontre disputée pendant près de 70 minutes à dix contre onze, les SkyBlues n’ont jamais cédé à la panique. Restés alertes, ils ont su dégoûter une équipe adverse bien trop limitée que pour trouver la faille, et piquer au bon moment. 

Après un début de saison placé sous le feu des critiques dès le Community Shield, le groupe de Maresca semble aujourd’hui très prometteur. Les onéreuses recrues ont rapidement trouvé leur place, et aucun doute qu’une victoire dans le derby puisse désormais s’avérer fédératrice pour bâtir la suite de leur saison.