Yan Diomandé : pour son pays

De tous temps et de toutes les éditions, la Coupe du Monde a permis de mettre en lumière les jeunes talents de demain. Passant pour certains du statut d’espoir à surveiller à celui de joueur majeur courtisé par les plus grandes écuries, un Mondial réussi a de nombreuses fois changé la trajectoire de noms aujourd’hui ancrés dans l’histoire de notre sport.
Dans une édition à quarante-huit nations, certaines pourraient nous surprendre, et nous offrir les belles histoires des prochaines saisons.
Coup d’œil sur ces jeunes prêts à prendre leur destin en main.

Zoom aujourd’hui sur la carrière de Yan Diomandé, qui a explosé du côté de Leipzig cette saison, et cherchera à en faire autant avec sa sélection.

Jeune joueur de l’année en Bundesliga, sensation absolue du dernier exercice, le nom de Yan Diomandé est aujourd’hui connu de tous. 

Son explosion à Leipzig a fait sensation dès le début de la saison, et le coup réalisé par le club allemand à 20 millions d’euros ressemble aujourd’hui à un recrutement de maître. 

Passé en un an de jeune joueur de Liga prometteur à crack de sa génération, il risque bien d’affoler le mercato, et connaîtra cet été les joies de sa première Coupe du Monde. 

Titulaire au début de la dernière CAN, il devra démontrer lors de ce tournoi sa capacité à se fondre dans un collectif nouveau. 

Parcours

Né à Abidjan, Yan Diomandé est rapidement repéré et courtisé pour son talent. Face aux sollicitations, sa famille fait le choix de l’envoyer aux Etats-Unis pour y poursuivre son parcours scolaire et sportif. 

Évoluant dans un premier temps au sein de son équipe lycéenne, il séduit à nouveau de nombreux observateurs sous le maillot des Yulee Hornets

Ces compétitions scolaires américaines, scène ouverte dédiée au repérage des futures pépites, sont plébiscitées par les académies et certains clubs qui s’empressent de venir saisir les jeunes les plus performants. 

Le jeune ailier poursuit ainsi sa formation au sein de la DME Academy, centre de formation sport-études d’élite basé en Floride. Son profil en fait immédiatement l’un des joueurs les plus valuable de la structure : ses dribbles, provocations incessantes et buts sensationnels attirent déjà certains clubs européens. 

Yan Diomandé sous les couleurs de la DME Academy

Trois ans après son arrivée, Diomandé fait donc le grand saut vers l’Europe, et devient automatiquement l’une des plus belles réussites de DME. Leganes l’accueille, et pose dans son contrat une clause de libération de 20 millions d’euros. 

En Espagne, il s’adapte peu à peu à son nouvel environnement, prenant ses marques dans ce qui est déjà le troisième continent de sa vie. Il fait ses débuts au mois de mars avec une entrée en jeu contre le Real Madrid, et dispute une dizaine de rencontres pour sa première saison européenne. 

Son nom circulait déjà, il est maintenant une cible pour beaucoup de clubs européens. Alors âgé de 18 ans, il est vu par la majorité d’entre eux comme un potentiel brut ne demandant qu’à être travaillé, et Leganes fait comprendre qu’il ne libéreront pas l’ivoirien en dessous de sa clause. 

C’est finalement le RB Leipzig, filiale historique dans la formation des jeunes, qui récupère le joyau, en faisant une pièce maîtresse de sa reconstruction offensive. 

Septièmes du dernier exercice, les Allemands devaient se relever et ont fait le ménage. 

Ole Werner met en place un jeu offensif, dans lequel Diomandé s’épanouit. Malgré la gifle reçue d’entrée face au Bayern (6-0), il reçoit dès le début de la saison un temps de jeu conséquent. 

Il débloque son compteur au début du mois d’octobre face à Augsbourg, et la machine ne s’enraye plus. Buteur et double passeur sur les rencontres suivantes, il confirme son état de forme avec un triplé début décembre face à Francfort, et s’inscrit déjà comme le crack que l’on connaît aujourd’hui. 

Si sa saison s’interrompt en club en raison de la CAN, il ne revient pas moins affamé, et se montre décisif à onze reprises sur les 14 dernières rencontres de championnat. Diomandé termine la saison meilleur jeune de Bundesliga, avec 12 buts et 9 passes décisives. 

Arrivé à la DME Academy il y a quatre ans, les temps de passage de la carrière de Yan Diomandé ont de quoi donner le tournis. Mais si les étapes d’accession au monde professionnel ont semblé s’enchaîner aisément, le plus grand défi de sa jeune carrière s’annonce.

En sélection

Son début de saison à Leipzig n’a laissé personne indifférent, et surtout pas Emerse Faé, qui a décidé de faire appel à lui dès la trêve de novembre dernier après une seule sélection avec l’équipe U23. 

Dès ses débuts, ses premières contributions décisives ont convaincu le sélectionneur. Dans un secteur offensif déjà intéressant de la Côte d’Ivoire, l’ajout d’un joueur comme celui-là est un avantage dont personne n’oserait se priver. 

Titulaire dès son entrée dans la compétition, le public le voit déployer toutes ses qualités d’élimination, mais le jeune ailier manque de réussite. Dans les combinaisons avec ses coéquipiers, il ne parvient pas à trouver le même rythme et ne trouve pas à trouver la faille menant au but en phases de poules. 

Mis au repos lors de la troisième journée, il débloque son compteur en compétition internationale en huitièmes de finale, mais son impact sur la pelouse n’est pas aussi puissant qu’à Leipzig. 

Dans un 4-3-3 différent de celui qu’il connaît un club, le turn-over du milieu de terrain a permis de révéler certains talents comme Christ Inao-Oulai, mais n’a pas contribué à maintenir un bloc-équipe assez stable pour faire suffisamment la différence dans les deux surfaces. Malgré leur nette domination face à l’Egypte, les Éléphants se sont fait piéger sur des contre-éclairs stratégiques des coéquipiers de Salah, et ont quitté l’édition en quarts de finale. 

Cet été, la Coupe du Monde s’annonce relevée, et la Côte d’Ivoire devra élever ses standards dans le groupe de l’Allemagne, Curaçao et l’Equateur. Les Allemands ne sont jamais un adversaire facile, et le secteur défensif impressionnant côté équatorien risque de donner du fil à retordre aux attaques ivoiriennes. 

Pour se qualifier, les hommes d’Emerse Faé doivent être prêts à souffrir – mais aussi à faire mal au moment opportun. 

Son défi

Avec une adversité nouvelle face à lui, Yan Diomandé tient là une perspective enthousiasmante, mais devra se montrer à la hauteur. 

Après une saison d’éclosion totale, tous les yeux des plus grands clubs européens sont rivés sur lui cet été. Pour permettre aux siens de briller dans la plus prestigieuse des compétitions, il devra être capable de prendre le jeu offensif à son compte – tout en s’habituant aux cadres de la sélection, Amad Diallo en tête de liste.  

À Leipzig, le jeu offensif proposé ainsi que son rôle important en font l’une des pièces maîtresses, et ses qualités trouvent tout leur épanouissement dans ce contexte. 

Désormais, Yan Diomandé devra prouver qu’il sait s’adapter à un nouveau système, de nouvelles consignes, de nouveaux coéquipiers autour de lui – et un format qu’il ne connaît pas. 

Démontrer son habileté à se fondre dans un collectif sera un test important de sa jeune carrière. S’il la réussit avec brio, aucun doute que son nom sera rapidement lié aux plus grandes écuries.