Maroc : les raisons d’y croire face à l’équipe de France

Habituée aux parcours remarquables, première nation africaine de l’histoire à rallier les quarts de finale deux fois consécutivement, la sélection marocaine se présente ce soir face à une équipe de France plus que jamais favorite à la victoire finale. 

Dans un remake de la demi-finale 2022, les Lions de l’Atlas font office d’outsider, mais joueront comme toujours leur chance jusqu’au bout. 

Analyse de leurs zones de force à même de perturber les Bleus. 

Le double-pivot

Alors que Neil El-Aynaoui s’était déjà particulièrement distingué lors de la CAN disputée cet hiver, un autre ajout de poids est venu renforcer l’entrejeu du Maroc avant la Coupe du Monde, en la personne d’Ayyoub Bouaddi. 

Titulaire dès l’entame du tournoi, le milieu de 18 ans s’est directement montré à la hauteur de l’évènement, impressionnant de maturité comme à son habitude. Son association au joueur de la Roma forme l’un des double-pivots les plus talentueux et complémentaires parmi les équipes encore en lice, en tout cas nettement supérieur à celui des français sur papier. 

Ayyoub Bouaddi face au Brésil

Leur activité à la perte couplée à une réelle capacité de conservation et de projection en font l’une des plus grandes forces marocaines. En jouant une partition à la hauteur de l’évènement, ils devraient être à même de dominer Rabiot, Koné ou Tchouaméni si ces derniers n’élèvent pas leur niveau de jeu, et empêcher ainsi les relances vers l’effrayante ligne d’attaque alignée par Deschamps.

La force de projection

À plusieurs reprises au cours du tournoi, le Maroc a démontré sa capacité à se montrer dangereux en projection à la suite de récupérations hautes. Le Brésil et son bloc déséquilibré en avait fait les frais sur le but d’Ismaël Saibari lors de la première journée, tout comme le Canada au tour précédent. 

L’apport des latéraux dans cet exercice reste primordial, via les courses obliques d’Hakimi vers l’axe ou le jeu long de Noussair Mazraoui, capable de distiller des ballons dangereux vers ses partenaires offensifs depuis son côté gauche. La qualité technique de Brahim Diaz et Bilal El Khanouss est également précieuse pour créer du liant et conserver le cuir en attendant les appels. 

Malgré l’absence préjudiciable de Saibari, Soufiane Rahimi – son remplaçant naturel – reste une option intéressante dans ce type de situation. Rapide et agressif à la perte, il est certes moins létal que son coéquipier, mais n’est pas dénué de sens du but. 

Soufiane Rahimi, buteur face au Canada

La capacité de repli d’un Dayot Upamecano magistral depuis le début de la Coupe du Monde sera difficile à contenir, mais le Maroc peut espérer faire mal au bloc haut français en projection ce soir. 

La versatilité tactique de Mohamed Ouahbi

Il reste important de rappeler qu’avant cette opposition de quart de finale, le Maroc n’a toujours pas connu la défaite. Mal embarqué face à Haïti, globalement dominé offensivement contre le Canada, il a su relever la tête et trouver de nouvelles adaptations face aux différentes adversités rencontrées. 

Dans certaines rencontres face à des adversaires de plus haut calibre, ces modifications apportées par Mohamed Ouahbi en cours de match ont également permis d’imposer la domination marocaine, en atteste l’élimination des Pays-Bas. Si l’ancien du Sporting d’Anderlecht ne déroge pas à son 4-2-3-1, ses changements et mises en place tactiques ont toujours permis au Maroc de s’imposer, signe de la grande capacité de polyvalence de ce collectif. 

En y ajoutant la dose nécessaire d’agressivité et de combat, les Lions de l’Atlas pourraient faire souffrir l’équipe de France. Plusieurs fois menés au score, ils ont toujours su revenir dans le combat : le match n’est jamais terminé avant le coup de sifflet final, en particulier avec cette équipe marocaine.