Moreira, Pardo, Seys, … : c’est quoi le problème avec les jeunes belges ?

Versée dans l’un des groupes plus abordables de cette Coupe du Monde, la Belgique déçoit pourtant jusqu’ici, notamment par son manque de créativité. 

Après deux matchs nuls successifs, les Diables Rouges doivent se remobiliser, bien que le sélectionneur ne semble pas inquiet des copies rendues. 

Surclassés par la performance défensive égyptienne puis simplement incapables de percer le bloc bas mis en place par l’Iran, le secteur offensif a souffert de l’absence de Jérémy Doku dans ce deuxième rendez-vous. Si cela prouve au moins l’incapacité de cette équipe à trouver la faille autrement que par une différence individuelle, les performances ne peuvent continuer en ce sens.

Un changement nécessaire

Alors que les derniers restes de la génération dorée s’amenuisent à petit feu, le défi de la fédération belge réside depuis longtemps dans sa capacité à réussir la transition vers les visages de demain. Les rencontres du premier tour semblaient être l’occasion idéale au vu de l’adversité, le moment parfait pour lancer ses jeunes promesses. 

Certains d’entre eux ont d’ailleurs démontré au cours de leurs dernières saisons en club être à même d’endosser une responsabilité importante, mais rongent toujours leur frein sur le banc. 

Moreira à l’entraînement avec les Diables.

Diego Moreira et Matias Fernandez-Pardo ont tous deux choisi de représenter la Belgique au détriment d’autres nations prestigieuses. Avec sept minutes de jeu cumulées, quel est le message qui leur est envoyé ? Pardo a montré de réelles qualités de pressing, et sait finir les actions. Moreira est un profil polyvalent, technique, agressif, à même de faire progresser le bloc, récupérer des ballons hauts, et doté d’une qualité de centre au-dessus de la moyenne. Tant de potentiel qui pourrait faire du bien à une Belgique insipide devant, mais dont elle choisit de se priver. 

Malgré une saison blanche, Lukaku reste le choix préférentiel en pointe. Charles De Ketelaere y a démontré qu’il n’était pas l’homme de la situation, quand Leandro Trossard ne parvient toujours pas à se montrer aussi décisif avec son pays qu’en club. Ils restent avec d’autres des indéboulonnables barrant la route à toute évolution en faveur de la jeunesse : en bref, l’incapacité belge à développer un football offensif cohérent réside au moins en partie dans ses propres choix. 

Même constat derrière : Thomas Meunier s’est montré en grande difficulté dès l’entame du tournoi, Timothy Castagne dépannant quant à lui des deux côtés au besoin. Maxim De Cuyper a pris ces derniers mois une place importante à gauche au vu de son apport offensif, mais qu’en est-il de Joaquin Seys ? 

Il semble parti pour n’obtenir aucune minute, et était le seul à ne pas s’être entraîné au lendemain du nul face à l’Iran. L’une des solutions d’avenir est donc totalement mis de côté pour son premier grand tournoi. 

Les enjeux

En partant de ces constats, comment l’équipe belge peut-elle espérer faire évoluer son football en maintenant les mêmes certitudes depuis 10 ans ? Quel espoir d’un passage de génération réussi quand les jeunes convoqués n’ont pas droit au chapitre ? 

Surtout, comment la fédération espère-t-elle convaincre de nouveaux bi-nationaux avec une telle mentalité ? 

Diego Moreira, Matias Fernandez-Pardo, Joaquin Seys et tant d’autres qui n’étaient pas du voyage ont faim de montrer qu’ils méritent leur place sous le maillot rouge. 

Mais en répétant les mêmes schémas inopérants, la Belgique empêche leur éclosion totale, et sa propre évolution par la même occasion.