Écosse : Pocognoli a du travail

Nommé mi-août  à la tête de l’équipe nationale écossaise en remplacement du très respecté Steve Clarke, Sébastien Pocognoli n’a pas entamé son aventure de sélectionneur par les résultats escomptés. Après un match nul encourageant face à la Slovénie, la gifle reçue hier soir contre la Suisse pourrait déjà avoir fragilisé la confiance placée en notre compatriote, censé incarner une nouvelle ère pour la Tartan Army. 

Analyse du projet de Pocognoli à la tête de l’Écosse.  

Un héritage à respecter

Après une expérience mitigée du côté de Monaco, ‘Poco’ arrive dans son nouvel environnement investi d’une mission claire : poursuivre la progression entamée par l’équipe depuis plusieurs années. Deuxième entraîneur étranger seulement à être choisi pour ce poste, il n’était pas question pour lui de faire table rase du passé. 

Choisi pour ses idées de jeu portées sur l’offensive, le défi de l’ancien Unioniste résidera en sa capacité à construire sur les bases laissées par Steve Clarke, tout en amenant le collectif vers un niveau supérieur. 

Alors que le pays ne s’était plus présenté en compétition officielle depuis 1998, l’ex-sélectionneur est parvenu par trois fois à qualifier l’Écosse pour les grands tournois (Euro 2020 et 2024, Coupe du Monde 2026), en devenant au cours de ses sept années passées sur ce banc le recordman de matchs dirigés. Il est celui qui, malgré son approche parfois jugée trop attentiste, a permis au pays de retrouver le devant de la scène, et la marque qu’il a laissé pour ce collectif est indélébile. Pocognoli devra ainsi construire et faire évoluer une identité claire en plan de jeu performant, avec l’Euro 2028 en ligne de mire. 

La liste

Malgré cette volonté claire d’utiliser le passé pour construire le futur, l’ancien joueur du Standard n’a pas tardé à faire bouger les lignes dans sa première sélection. Aucun des attaquants choisis pour disputer le Mondial n’y figure, tandis que six nouvelles têtes font leur apparition. 

Quatre des défenseurs réguliers de Steve Clarke se sont également vus remplacer par des profils plus jeunes, mais surtout plus adaptés au plan de jeu souhaité par l’entraîneur, notamment Colby Donovan (20 ans), grand espoir du pays au poste de latéral droit. 

Devant, Oli McBurnie fait son grand retour, mettant fin à cinq ans de disette, tandis que Robbie Ure (22 ans) connaît sa première sélection. Absent du groupe mondialiste malgré une saison pleine du côté de Sirius, il a rejoint cet été Séville, et son profil ne pouvait plus être ignoré. 

Le jeu

Si Pocognoli peut compter sur l’héritage laissé par Clarke, il souhaitera appliquer sa patte au collectif écossais. Le système est resté le même, un 3-5-2, mais l’animation se doit d’être bien différente. Le principal reproche adressé à son prédécesseur concernait la hauteur du bloc : malgré un potentiel offensif tangible, son équipe se maintenant bien trop souvent en position basse, protégeant à tout prix son dos mais perdant ainsi toute possibilité d’imprimer son jeu sur la partie. 

Le nouvel entraîneur l’a annoncé d’entrée : il souhaite faire jouer cette équipe plus haut, en mettant en place un pressing agressif à la perte. De ce fait, le rôle des pistons a évolué : un temps cantonnés à bloquer les couloirs défensifs, ils sont aujourd’hui pourvoyeurs du surnombre dans le dernier tiers, pour apporter leur soutien aux offensives et étouffer la relance adverse. 

Les résultats 

Les premières itérations de cette nouvelle vague ont pris forme dès l’entrée en matière face à la Slovénie, avec une Écosse à deux visages. D’abord pris au piège par leur plan de jeu, les coéquipiers de John McGinn ont beaucoup subi les percées adverses dans leur dos, avant de progressivement imposer leur pressing. Acculant les locaux dans leur moitié, l’agressivité a payé, McBurnie et Ure se créant de belles possibilités. Mais sans réussite, la Tartan Army n’a su inscrire le premier but de l’ère Pocognoli. 

La rencontre d’hier face à la Suisse a livré bien moins d’enseignements en raison de l’exclusion d’Hendry dès la 11e minute, mais le résultat ne doit pas décourager les supporters écossais, qui ont constaté de très belles choses lors de la première rencontre. Place désormais à la Macédoine du Nord ce samedi, pour enfin accrocher trois points fondateurs ?