Argentine : les enseignements de la première journée

Championne du Monde en titre, l’Argentine ne se présente pas sans ambitions pour cette nouvelle édition, et la nette victoire d’entrée face à l’Algérie l’a prouvé.
Lionel Scaloni a opté pour un groupe très similaire à celui d’il y a quatre ans, et compte toujours sur ses titulaires historiques.
Enseignements tactiques de cette rencontre de la première journée.
Présence axiale
En phase de possession, l’Argentine a développé ses actions dans le cœur du jeu. Fortement resserrés sur l’axe, les combinaisons courtes entre les milieux – permises par un marquage algérien trop laxiste – ont libéré l’espace pour le dépositaire offensif de cette équipe : Lionel Messi.
Si cette équipe expérimentée ne développe pas un jeu énergique et pressant, sa qualité technique reste au-dessus du lot, et le bloc algérien trop souvent percé dans sa verticalité en a fait les frais.

Absence de projection
Si l’Argentine développe autant de jeu court au sol, ce n’est pas seulement par choix. Le noyau possède en effet assez peu de joueurs à même de prendre la profondeur de manière efficace pour faire progresser le bloc, mais un grand nombre de profils techniques, aimant recevoir le ballon dans les pieds.
Le groupe, très peu renouvelé, n’est plus capable comme il y a quatre ans de dépenser son énergie dans de grandes courses de pression, et l’Argentine recherche donc le contrôle du cuir.
Cette approche pourrait leur poser problème par la suite face à une équipe développant un pressing plus efficace et agressif.
Réponse lundi contre l’Autriche, connue pour son idéologie inspirée du gegenpressing.
Messi est toujours Messi
Sacré en 2022, il serait aisé de penser Lionel Messi rassasié, mais ce serait mal connaître le personnage. Avec ce triplé, il s’installe comme meilleur buteur actuel de la compétition, et a rappelé dès la première journée qui il est à la planète entière.
Son style de jeu, lent et visant à occuper l’espace libre, s’est parfaitement adapté à la physionomie de la rencontre. Il est toujours le talisman argentin, celui autour duquel le jeu se construit. Pour son sixième Mondial, il prouve une fois de plus que son talent ne périme pas, que son génie ne fane pas.
Ses trois buts viennent l’inscrire un peu plus encore dans la légende, égalant Miroslav Klose comme meilleur buteur en Coupe du Monde. Il s’adjuge également son 120e but en équipe nationale, et son premier triplé en Coupe du Monde.

