Paris Saint-Germain : Prêt pour le grand test ?

C’est la grande affiche de ce début de saison : ce mercredi soir, le Paris Saint-Germain se déplace outre-Manche pour y affronter Manchester City, seul leader actuel de Premier League à l’image ternie par les révélations récentes. 

Si le club français apparaît une nouvelle fois favori à la victoire finale, son entrée en matière s’est avérée poussive en Ligue 1. Les hommes de Luis Enrique sont-ils prêts pour le gros test de leur début de saison ? 

Le projet évolue

Au sortir de son second sacre consécutif en Ligue des Champions, le PSG a choisi de ne pas se reposer sur ses lauriers. Plutôt que de se satisfaire de ce statut de meilleur club d’Europe, il s’est remis au travail pour donner un souffle nouveau au groupe de Luis Enrique, selon des besoins ciblés. Exit ainsi Gonçalo Ramos, utile mais ne correspondant pas à l’idée de jeu prônée par l’espagnol, ou encore Kang In Lee, qui souhaitait obtenir un rôle plus important ailleurs. Le dossier de l’été, Bradley Barcola, s’est finalement clôt sur le départ de l’ancien lyonnais pour Liverpool, complétant en compagnie d’Ibrahim Mbaye une campagne de dégraissage lucrative. 

Pour remplacer efficacement tant de profils différents, la cellule recrutement poursuit une logique désormais inscrite depuis plusieurs années dans son fonctionnement, aux antipodes des milliards dépensés sur les plus grands noms il y a de cela quelques saisons. 

Malgré une colonne vertébrale et des titulaires inchangés, l’intégration de ces nouveaux noms a forcément impacté le début d’exercice francilien. Achetés pour correspondre à un besoin précis du collectif, ces nouveaux venus ne peuvent être laissés de côté, et Luis Enrique applique donc un turn-over nécessaire.

L’intégration

Devant, Ferran Torres a rapidement apporté satisfaction. Bien plus compatible avec le jeu d’Enrique que Ramos avant lui, le transfuge du Barça a frappé fort dès l’entame avec un doublé contre Rennes, avant de marquer deux nouvelles fois avant la trêve dans la foulée de son triplé face au Slovan Bratislava. En confiance, son but en finale de Coupe du Monde semble lui avoir octroyé un nouveau statut, et il pourrait bousculer la hiérarchie au cours des prochains mois. 

À ses côtés, Maghnes Akliouche et Mika Godts ont un bagage tactique bien plus important à assimiler. Le français, qui évoluait déjà dans une équipe ambitieuse du championnat, doit désormais se fondre dans la fluidité collective imposée par son nouvel environnement. Positionné dans le demi-espace droit, les consignes créatives qui lui incombent commencent à porter leurs fruits, en atteste son très beau but inscrit face au Mans le week-end dernier. Si ses prises de décision restent parfois floues, il incarne une outil différent à la disposition du PSG, et préserve pour l’instant la santé des titulaires. 

Mika Godts, récemment mis en lumière par ses prestations sous le maillot des Diables, connaît quant à lui plus de difficultés. Arrivé d’un championnat hors-top cinq européen, il est pour l’instant cantonné à un rôle de stricte doublure de Kvicha Kvaratskhelia. Le géorgien, meilleur offensif du club au cours de la dernière phase à élimination directe, compte un rendement moins glorieux en Ligue 1, et notre compatriote hérite ainsi d’un temps de jeu substantiel. S’il ne parvient pas encore à se montrer sous son meilleur jour, il reste défendu par son entraîneur face à la presse française. 

La courbe de progression

Sixième de Ligue 1, battu par Lens au Trophée des Champions et par Monaco en championnat, le Paris Saint-Germain connaît un démarrage plutôt timide, mais loin d’être incontrôlé. Depuis deux ans désormais, le plan du club reste inchangé : gérer le collectif intelligemment sur la durée de la saison, pour qu’il atteigne son plein potentiel dans les moments qui comptent vraiment. Les échéances de septembre et octobre servent donc aux hommes de Luis Enrique de phase de test, responsabilisant chaque individu dans son rôle précis. 

Mais ce modèle atteint ses limites une fois la petite musique jouée. En première journée face à l’un des adversaires les plus modestes de son parcours, le PSG a retrouvé son allant avec une victoire 6-1 digne du champion en titre. La saison dernière, les questionnements allaient déjà bon train à la même période, alors qu’une rencontre importante face au FC Barcelone se profilait. Résultat : l’équipe française, conquérante, avait battu les hommes de Flick en se basant sur ses remplaçants, avec notamment un but de Senny Mayulu. 

La tâche sera bien entendu différente face à City ce soir, mais le PSG nous a appris à ne pas le juger sur ses débuts de saison ces dernières années. 

Un adversaire de taille

En face, Manchester City représente un contraste saisissant : reconnu coupable de 114 charges d’infractions financières au règlement, l’équipe rayonne malgré tout sur le terrain, comme en atteste la victoire 0-3 face à Liverpool dimanche dernier. 

Dans l’incertitude d’une Premier League aux visages renouvelés, les SkyBlues trustent le haut du classement, leaders invaincus en Premier League malgré un jeu aux tendances inégales. 

Le milieu de terrain a connu une refonte complète à l’été, et la meilleure formule est encore recherchée. Ayyoub Bouaddi avait par exemple livré une prestation impressionnante face à Porto il y a un mois, tandis qu’Enzo Fernandez n’a pas eu besoin de temps d’adaptation. Le placement très libre de Rayan Cherki entre les lignes doit encore être travaillé mais présente un potentiel évident, pour servir une ligne d’attaque pléthorique. 

Déjà renforcé l’hiver passé par l’achat d’Antoine Semenyo, le secteur offensif cityzen a récemment accueilli Illiman Ndiaye, venu apporter une concurrence nouvelle à Jérémy Doku. Le belge a d’ailleurs remplacé le sénégalais face aux Reds pour faire basculer le cours de la rencontre, et devrait être titulaire ce soir contre Nuno Mendes. 

Si ce mercato a offert à Maresca de nouvelles options et amené de la concurrence, le score du dernier match ne doit pas seul nous servir de référence. Avant l’exclusion de Gravenberch, City connaissait les plus grandes difficultés à atteindre la surface adverse, et sa défense avait plusieurs fois mis Gianluigi Donnarumma à contribution. 

Une affiche fondatrice

Entre une équipe anglaise aux résultats clinquants qui recherche son meilleur onze, et des français sûrs de leur force en délicatesse, quelle forme s’imposera ce soir à l’Etihad ? 

Loin des ses essais du week-end, Luis Enrique devrait aligner l’artillerie lourde. Désiré Doué s’est notamment mis en valeur au dernier rassemblement français, tandis que Nuno Mendes monte en puissance. Face à cet armada rôdée, Maresca devra monter un plan défensif solide, et trouver rapidement la bonne formule pour percer l’arrière-garde parisienne. 

Ce match, au-delà du résultat et des ses implications directes, nous livrera donc de premiers enseignements sur le niveau réel de chaque équipe à ce moment de la saison, agissant comme point de repère pour nous guider dans ce nouveau périple étoilé.