Pourquoi le retour de Neymar est une formidable nouvelle pour le football

Entré en jeu à un quart d’heure de la fin cette nuit face à l’Ecosse, Neymar fait son retour en sélection brésilienne pour la première fois depuis 2023.

Et au-delà de l’impact sportif sans doute limité qu’il peut avoir sur la compétition, voir un tel joueur évoluer à nouveau en Coupe du Monde ne devrait que nous réjouir.  

Un rendez-vous manqué

Retour en 2014 : arrivé depuis un an au FC Barcelone, le jeune Neymar cristallise l’espoir de tout un peuple. Le Brésil, organisateur de la Coupe du Monde, se place très haut parmi les favoris à la victoire finale malgré un noyau déséquilibré. Le joueur de 22 ans est très attendu en tant que tête d’affiche de cette sélection, et ne tarde pas à faire parler la poudre avec quatre buts en phases de poules qui mettent le pays sur de bons rails. 

Le Brésil monte en puissance, bien parti pour renouer avec la victoire grâce au soutien de son peuple, mais le drame survient en quarts de finale face à la Colombie. Alors que la qualification au tour suivant se profile, Zuniga charge le numéro 10 auriverde dans le dos à la reprise d’un second ballon mal dégagé, ce dernier s’écroule. 

Bien qu’habitué des simulations, les spectateurs comprennent vite que la blessure du brésilien est réelle. Il reste au sol et se plie de douleur : son Mondial est terminé. 

Talisman offensif des siens mais surtout joueur le plus important sur et en dehors du terrain, il doit déclarer forfait pour le reste de la compétition. La suite de l’histoire reste tristement célèbre : en demi-finale, l’Allemagne déroule face à un pays organisateur en manque de repères et s’impose 7-1. Un traumatisme encore bien réel aujourd’hui pour toute une génération, que beaucoup retiendront comme dû à l’absence de Neymar. 

Sa chance est passée. Quatre ans plus tard en Russie, le Brésil n’est plus la sélection attendue de 2014, et est sorti en quarts par la Belgique. 

En 2022, il est déjà trop tard : Neymar paie ses excès, retenant l’attention pour ses sorties nocturnes et ses blessures bien plus que pour son niveau sur le terrain. Le Brésil est à nouveau éliminé au même stade. 

Il quitte l’Europe un an plus tard sur la pointe des pieds, personne ne le pensant capable de retrouver un jour le plus haut niveau. 

En difficulté du côté de l’Arabie Saoudite, il fait son retour à Santos en janvier 2025, presque oublié des médias et autres observateurs. 

S’il n’a jamais retrouvé le niveau qui faisait de lui l’un des tous meilleurs joueurs de la planète, Neymar reste une légende absolue en son pays. Aussi, lorsque des rumeurs évoquent sa présence dans la liste de Carlo Ancelotti, la surprise est proportionnelle aux questionnements qui en découlent. À 34 ans, sera-t-il à même d’entrer en jeu ? Sa présence est-elle un choix politique ? D’autres n’auraient-ils pas mérité une sélection plus que lui, Joao Pedro en tête de liste ? 

À l’image de cette équipe, les certitudes sont maigres au moment d’aborder le tournoi. Mais sans lui, le Brésil est-il réellement meilleur ? 

Un impact à mesurer

La Coupe du Monde 2026, au-delà de son format ou de ses nouvelles règles, représente un moment charnière pour tout fan de football. La grande Histoire de notre sport s’écrit sous nos yeux cet été, et devrait être la dernière occasion de voir évoluer certains des noms qui ont marqué de leur empreinte les dernières décennies. 

Courtois, De Bruyne, Neuer, James Rodriguez, Dzeko, Van Dijk, Alisson, Son, Mané, Mahrez, Casemiro, Alaba, Kanté, et tant d’autres. Tous ces noms disputent leur dernier Mondial cet été, sans parler bien sûr des trois grandes légendes des dix dernières années. 

Lionel Messi, vainqueur en 2022, tentera d’aller chercher la quatrième étoile argentine. Cristiano Ronaldo veut le rejoindre, et son Portugal figure très haut dans la liste des favoris. Luka Modric, après une dernière pige à Milan contrastée, quittera quant à lui la Croatie à l’issue du tournoi en tant que plus grande légende du pays et figure principale des parcours de 2018 et 2022. 

Dans ce contexte, comment imaginer que l’un des plus grands artistes de l’histoire de notre sport, qui a fait vibrer des millions de fans de football par ses dribbles, puisse manquer un tel événement ? 

Certes, la part politique dans le choix de sélectionner Neymar est un facteur à prendre en compte. Mais au-delà de cet aspect, ne peut-il pas avoir un impact direct sur les performances des siens ? 

Chaque grande nation peut compter sur ses légendes, ceux qui connaissent la victoire et savent comment l’atteindre. L’Argentine a Messi, le Portugal Ronaldo. La Colombie compte sur James, la Croatie sur Modric. La Belgique reste emmenée par Courtois et De Bruyne, les Pays-Bas par Van Dijk, l’Allemagne par Neuer. Quel que soit leur rôle, ces joueurs gardent une importance particulière pour le collectif, sur ou en dehors du terrain. 

Pour une sélection brésilienne sans certitudes absolues, la présence de Neymar change à elle seule la dynamique collective. Certains jeunes joueurs le voyaient à la télévision en 2014, s’enthousiasmant de ses buts et pleurant après sa lourde blessure. Dans cette optique, gagner pour Neymar peut devenir un objectif tout aussi noble que gagner avec Neymar. 

En entrant en jeu face à l’Ecosse, l’ancien joueur du PSG a rappelé à la face du Monde qu’il n’était pas n’importe quel joueur. L’ovation à son entrée, le frisson parcourant le stade à chaque prise de balle, la peur chez les adversaires. Voilà ce qu’a toujours à offrir Neymar au football, mais surtout à son pays. 

Écrivant l’un des plus grands « et si ? » de l’histoire de notre sport en 2014, le numéro 10 emblématique est devenu une légende. Douze ans après un traumatisme encore bien réel, la seule présence de Neymar peut-elle pousser le Brésil vers son objectif ultime ?