Préface des huitièmes de finale de Ligue des Champions : Real Madrid – Manchester City

Dernière préface de ces huitièmes de finale de Ligue des Champions, et comment finir autrement que par le nouveau classique européen ? Un Real en souffrance affrontera Manchester City, dont la dynamique est plutôt positive.

Le nouveau classique du football européen sera, une fois de plus, l’une des affiches à suivre de ces huitièmes de finale. Merengues et Citizens s’affronteront pour la deuxième et troisième fois cette saison, et les espagnols ont une revanche à prendre. 

Défaits 1-2 le 10 décembre dernier malgré l’ouverture du score de Rodrygo, et dans une saison en-deçà des attentes, le Real aura l’occasion de relever la tête lors de ces huitièmes de finale. 

Les promesses d’un nouveau départ sous Xabi Alonso en début d’exercice n’ont pas été tenues, l’ancien milieu de terrain ayant été remercié à la mi-janvier. Les critiques ont été nombreuses suite à cette décision, remettant en question tout le plan à long terme de la maison blanche, et Alvaro Arbeloa n’a pas fait beaucoup mieux que son prédécesseur jusqu’à présent. 

Alvaro Arbeloa n’a pas trouvé la solution à ce Real dysfonctionnel

L’élimination de la Coupe du Roi dès le premier match face à Albacete a fait grincer les dents, et les dernières semaines n’ont pas été régulières, malgré un retard de seulement 4 points sur le Barça en Liga. En Ligue des Champions, le 6-1 infligé à l’AS Monaco n’était pas un match-référence, et les trois rencontres face au Benfica n’ont pas, elles non plus, été de nature à rassurer les observateurs sur le niveau du club. 

Les maux du Real Madrid sont les mêmes que la saison dernière : l’attaque – malgré l’accumulation de noms ronflants – ne fonctionne pas ensemble, et le collectif est globalement dysfonctionnel. Le club l’a déjà testé, et déjà échoué : un projet galactiques ne fonctionne pas. Vinicius et Mbappé apprécient les mêmes espaces, créant une guerre d’égo en interne. Rodrygo, relégué sur le banc à l’arrivée du français, peut s’estimer lésé, et les jeunes Mastantuono ou Gonzalo Garcia peinent à trouver leur place. 

Malgré le bon coup Carreras, le mercato estival 2025 n’a rien réglé à Madrid. Miné par les blessures, Alexander-Arnold a pour l’instant disputé moins de 1.000 minutes de jeu, et Dean Huijsen ne peut régler seul les problèmes de l’arrière-garde madrilène, dans une saison d’adaptation. Au milieu, la blessure de Jude Bellingham enlève un poids dans la guerre d’égo, mais limite les possibilités offensives, tandis que le non-remplacement de Kroos à l’été 2024 a encore des conséquences à ce jour. 

Dans ce contexte difficile, la lumière se nomme Kylian Mbappé. Le français porte son équipe offensivement, avec 38 buts en 33 matchs toutes compétitions confondues cette saison, mais paie désormais le poids de ses efforts et de sa recherche de statistiques. Blessé depuis quelques semaines, son équipe est en difficulté. Défaits sur les deux dernières rencontres de championnat, le Real doit retrouver la gloire, mais comment ? Vinicius prend de plus en plus ses responsabilités en l’absence de Mbappé, mais n’arrivera pas seul à sortir les siens du marasme collectif. Face à Manchester City, si l’occasion est belle de relever la tête, le combat sera dur. 

L’absence de Kylian Mbappé sera préjudiciable face à City

Car les hommes de Guardiola réalisent quant à eux une saison intéressante. Mis en difficulté par l’avalanche de blessures défensives durant l’hiver, le recrutement de Marc Guéhi ainsi que le retour de Ruben Dias ont stabilisé la ligne arrière des SkyBlues. 

Les concessions de l’entraîneur catalan se sont poursuivis cette saison, avec l’arrivée de Donnarumma à l’été, et Antoine Semenyo au début du mercato hivernal. Le premier est un ajout de choix pour l’équipe anglaise, bien plus rassurant que son prédécesseur Ederson, et le second amène une nouvelle forme de danger offensif. L’émergence de jeunes joueurs comme Nico O’Reilly ou Abdukodir Khusanov est une source de satisfaction supplémentaire du côté de l’Etihad, et l’arrivée de Rayan Cherki à l’été a limité la casse de la perte de Kevin de Bruyne. Le secteur offensif au global est fonctionnel, son arme principale étant sa présence axiale. Leur jeu de combinaisons à l’abord de la surface est dévastateur, permettant à l’équipe de maintenir une pression constante sur la défense adverse. S’ils ont été en manque de solutions lors de certaines rencontres (Bodo ou Manchester United), City développe un football créatif, fait de décalages et de recherche de l’homme libre, qui pourrait faire très mal à une défense du Real en manque de confiance. 

Guardiola pourrait à nouveau surprendre l’Europe

Qualifié à la huitième place de Ligue des Champions et toujours bien accroché à Arsenal en championnat, City pourrait faire à nouveau une saison d’anthologie. Alors qu’ils affronteront les Gunners en finale de la Carabao Cup le 22 mars, ils auront l’occasion de frapper un grand coup en éliminant le Real cinq jours plus tôt. 

Pep Guardiola a toujours été fidèle à un principe : son équipe doit être meilleure en novembre qu’en septembre, mais surtout meilleure en mars qu’en janvier, et le succès de ce principe pourra se mesurer dès la semaine prochaine. 

Avec cet enchaînement de rencontres, Manchester City peut se placer comme l’un des favoris pour le triplé. Avec l’avantage du match retour à domicile, éliminer le Real sera un premier pas vers cet accomplissement.