Préface des huitièmes de finale de Ligue des Champions : Paris Saint-Germain – Chelsea
Pour la deuxième année consécutive, le PSG rencontrera un club anglais en huitièmes de finale. Mais s’ils avaient signé une véritable déclaration d’intention au football européen face à Liverpool il y a un an, la donne pourrait être différente cette fois.
Analyse du choc de ces huitièmes de finale.

Le vendredi 27 février avait lieu le tirage des huitièmes de finale de la compétition la plus prestigieuse du football mondial. Les équipes survivantes de la phase de knock-out ont rejoint les huit premiers de la phase de ligue, pour nous dévoiler le tableau final.
Entre affiches connues et inédites, la compétition s’intensifie, chacun espérant rester pour jouer un tour de plus. Analyse du choc de ces huitièmes : PSG-Chelsea.
Pour la deuxième fois en deux saisons, un club anglais se mettra sur la route du PSG en huitièmes de finale. Celui de l’an passé avait signé la déclaration d’intentions du club parisien en éliminant le grandissime favori Liverpool, mais la donne pourrait être différente cette fois.
Après avoir réalisé la plus grande saison de son histoire en allant chercher enfin la Ligue des Champions tant attendue, l’équipe de Luis Enrique semble moins solide cette année.
Le mercato estival a été critiqué, notamment sur la décision de remplacer Gianluigi Donnarumma – l’un des plus grands artisans du parcours européen parisien – par Lucas Chevalier. Luis Enrique s’est maintes fois défendu de cette prise de décision, la motivant principalement par la recherche d’un gardien avec un meilleur jeu au pied. Le français a connu des difficultés d’intégration, trop de fois fautif au goût des supporters, et a été remplacé depuis quelques semaines par Matvey Safonov, jusqu’ici numéro 2. Mais le poste de gardien n’est pas la seule source de mécontentement du mercato estival. D’aucuns ont jugé que le club n’avait pas suffisamment investi pour renforcer un effectif éreinté, et les premières blessures ont tendu à confirmer cet avis.

Mais les difficultés défensives ne se résument pas aux problèmes de gardien. La défense centrale semble plus fébrile, et les latéraux – arme très importante du projet d’Enrique – ne répondent pas au niveau attendu. Achraf Hakimi, gêné par les blessures et les problèmes de justice, n’a plus l’impact de la saison dernière, mais le positionnement de Zaïre-Emery en latéral droit est l’une des sources de satisfaction du coach espagnol. Quelque peu bouché au milieu, le jeune français apporte un profil différent de celui du marocain. Outre les problèmes inhérents à leur défense, les parisiens semblent fatigués. Sans véritable temps de pause entre les deux saisons, et sans renouvellement d’effectif, ce PSG semble par moment sans solution, contrastant le football ultra-dominateur de la saison dernière.
Le PSG donne une image globalement plus faible, ne manquant pas de faire les gros titres des médias français. Cette baisse de régime a été constatée notamment en championnat, mais surtout en Ligue des Champions, où le club de la capitale a laissé filer des points importants au cours de la phase de ligue. L’avalanche de blessures chez les titulaires n’aidant pas, ils ont notamment connu la défaite contre le Bayern, en jouant plus d’une mi-temps à onze contre dix. Censé à ce moment là de la saison déterminer le club le plus en forme du début d’exercice, les français en sont sortis inquiets, dominés puis parfaitement cadrés par les hommes de Kompany. Des résultats décevants face à Newcastle ou le Sporting ont laissé une impression de manque de puissance, et le club s’est qualifié à la onzième place de la phase de ligue.
La double confrontation face à l’AS Monaco n’a pas rassuré, car malgré leur domination, les hommes d’Enrique ont été mis en difficulté par une équipe pourtant seulement septième de Ligue 1. Déjà défaits lors de la phase aller en Ligue 1, les parisiens n’ont pas laissé l’impression de domination attendue, et n’aborderont pas les huitièmes de finale en confiance.

Moins impressionnants au pressing (subi et exercé) en plus de la baisse de performance de ses cadres (Dembélé, Marquinhos, Hakimi pour ne citer qu’eux), le Paris Saint-Germain risque de souffrir dans le combat physique contre Chelsea.
Les anglais, malgré des résultats en dent de scie et des problèmes structurels, pourraient poser problème au champion d’Europe en titre.
Comme leurs adversaires, les Blues souffrent défensivement, et Mamadou Sarr – arrivé cet hiver – a démontré face à Arsenal qu’il aura besoin d’un temps d’adaptation à son nouvel environnement. Robert Sanchez n’est pas non plus rassurant, et peut parfois mettre en difficulté son équipe. Les latéraux sont au niveau (Cucurella, James, Malo Gusto), mais l’axe central est le gros point d’inquiétude à Chelsea depuis le début de la saison. Enzo Maresca avait réclamé à l’été un renfort dans ce secteur, mais l’italien n’a pas été entendu et les Blues paient aujourd’hui le prix de leur manque d’anticipation sur le marché estival.
Si les failles dans son arrière-garde ne seront pas réglées d’ici le 11 mars, Chelsea peut cependant compter sur un groupe de qualité, notamment au milieu. L’association de Caicedo et Enzo Fernandez est toujours l’un des meilleurs double pivot du championnat, et la qualité de pressing dans cette zone sera l’un des principaux atouts du club londonien. Andrey Santos trouve également peu à peu sa place dans l’entrejeu, amenant les qualités d’Enzo à la pression plus haut sur le terrain, gênant la relance adverse.
Devant, si Estevao avait connu un bon départ, il semble plus en difficulté aujourd’hui. Cole Palmer n’a toujours pas retrouvé son niveau d’il y a deux saisons, et les recrues offensives de l’été 2025 (Garnacho et Bynoe-Gittens) peinent à convaincre pleinement dirigeants comme supporters.
De ce fait, Joao Pedro s’est imposé comme le fer de lance de Chelsea. Arrivé en juillet de Brighton, il a profité de la blessure puis du manque de performance de Liam Delap pour devenir le n°9 de cette équipe. Sa qualité de placement et ses capacités techniques en font un buteur difficile à prévoir, et il s’est idéalement fondu au collectif pour diversifier son apport. Quand elle est bien exécutée, la présence de Chelsea sur la surface adverse peut se faire très pressante, notamment grâce aux montées des latéraux pour proposer un centre ou une incursion dans le demi-espace.

Un autre argument en faveur des Blues réside en la présence sur leur banc de Liam Rosenior. Appelé de Strasbourg pour remplacer Enzo Maresca à l’aube de la nouvelle année civile, l’entraîneur anglais connaît bien cette équipe du PSG, qu’il a affronté à trois reprises en Ligue 1, avec des résultats intéressants. Défait en octobre 2024, il avait permis aux siens de relever la tête au match retour, avec une belle victoire 2-1 face au futur champion d’Europe. Un nouveau résultat positif (3-3 au Parc) avait confirmé en ce début de saison sa capacité à mettre en difficulté Luis Enrique, grâce aux qualités connues du groupe strasbourgeois : pressing, débauche d’énergie, qualité technique dans le dernier tiers, … autant d’éléments qui pourraient être reproduits avec sa nouvelle équipe dans cette double confrontation.
Le Paris Saint-Germain devra élever son niveau de jeu pour ce nouveau stade de la compétition, alors que Chelsea compte jouer crânement sa chance. Dans une affiche ayant marqué l’histoire des années 2010, les français auront à nouveau l’occasion de démontrer qu’il ne faut jamais sous-estimer le champion en titre, mais attention à Chelsea, dont les qualités principales pourraient faire très mal aux parisiens.
