Préface des huitièmes de finale de Ligue des Champions : Galatasaray – Liverpool
Avec un mercato d’été à plus de 500 millions, Liverpool pouvait légitimement espérer faire une meilleure saison. Décrochés de la course au titre, un parcours européen ambitieux pourrait se profiler, mais il faudra pour cela vaincre ses vieux démons…

Le vendredi 27 février avait lieu le tirage des huitièmes de finale de la compétition la plus prestigieuse du football mondial. Les équipes survivantes de la phase de knock-out ont rejoint les huit premiers de la phase de ligue, pour nous dévoiler le tableau final.
Entre affiches connues et inédites, la compétition s’intensifie, chacun espérant rester pour jouer un tour de plus. Analyse d’une rencontre déjà vue cette saison, mais qui pourrait cette fois prendre une toute autre tournure.
30 septembre 2025 : Liverpool se déplace sur la pelouse de Galatasaray pour la deuxième journée de Ligue des Champions, espérant enfin lancer sa saison après leur mercato XXL de l’été. Cette rencontre, remportée 1-0 par les turcs, avait finalement enfoncé Liverpool dans la crise, mettant une fois de plus leurs faiblesses en exergue. En difficulté défensive, la charnière Van Dijk-Konaté avait montré des signes de fébrilité, notamment dans l’alignement. Trop souvent percés par les appels tranchants de Victor Osimhen dans la profondeur, les défenseurs n’avaient pas trouvé la solution, leur pressing haut se montrant inefficace face aux circuits de passes trouvés par les turcs. Ryan Gravenberch, qui comptait parmi les éléments les plus importants du collectif champion l’an passé, avait été remplacé à une demi-heure du terme, incapable comme ses coéquipiers de s’imposer dans la bataille du milieu.
Impuissants face au pressing de leur adversaire, les Reds s’étaient également illustrés par leur manque de réussite dans les moments clés, Hugo Ekitike puis Alexander Isak ayant notamment raté plusieurs face-à-face.
Cette défaite, malgré le score, était à ce moment-là la représentation des maux de Liverpool. Incapables de retrouver l’alchimie collective qui avait fait leur force, ce revers n’avait pas manqué de faire parler au vu du contenu du match, et fait émerger les premières rumeurs d’un départ de Slot.
L’entraîneur néerlandais et ses joueurs avaient finalement touché le fond face au PSV lors de la cinquième journée, balayés 4-1 après deux revers consécutifs en championnat. Liverpool, si dominateur en 2024-2025, n’était plus que l’ombre de lui-même, et cette défaite cinglante devait être l’électro-choc de tout un effectif. Malgré le contenu des rencontres, les Reds se sont finalement qualifiés dans le top 8, à la faveur de points importants accrochés (Real Madrid, Inter, Atlético battus par un but d’écart), et de larges succès (1-5 contre Francfort, 0-3 à Marseille, 6-0 face à Qarabag), leur évitant un tour supplémentaire.

Galatasaray ont quant à eux accroché leur qualification à la 20e place, trop irréguliers pour espérer mieux, et ont dû passer par la phase de knock-out.
La double confrontation face à la Juventus a démontré toutes les forces mais aussi toutes les difficultés de l’équipe turque. Victorieuse 5-2 à domicile, mettant encore une fois en avant leur force dans leur stade, les coéquipiers de Leroy Sané ont envoyé un message fort face à une équipe de la Juventus encore trop irrégulière sous Spalletti, et n’avaient en théorie qu’à gérer leur avance au retour.
Mais le voyage à Turin a été bien plus compliqué que prévu, dominés même après l’exclusion de Lloyd Kelly en début de seconde période. Outre leur puissance offensive presque uniquement permise par la présence de Victor Osimhen, les failles défensives ont été exposées au grand jour, et elles pourraient faire mal face à l’attaque anglaise.
Incapables de préserver leur avantage pourtant de 3 buts, Galatasaray a laissé l’impression de ne pas posséder les ressources nécessaires, et est passé proche d’une élimination difficile à avaler. Malgré leurs qualités de pression et leur tranchant en phase de transition, cette équipe risque une nouvelle fois de souffrir au match retour, et peut-être pas avec la même réussite que face à la Juventus.

Car malgré leurs difficultés en championnat, les Reds ont repris quelques couleurs. Après avoir touché le fond, on ne peut que remonter dit-on. Le collectif du champion d’Angleterre en titre semble mieux se connaître, des connexions commencent à apparaître depuis quelques semaines, notamment grâce aux prestations plus convaincantes de Florian Wirtz, qui participent à fluidifier le jeu offensif.
Isak blessé jusqu’à la fin de la saison, le champ est libre pour Hugo Ekitiké, qui s’est imposé comme la meilleure recrue de l’été. Si Mohamed Salah n’est plus le pharaon des dernières saisons, le français a pris les rênes, avec 11 buts et 4 passes décisives en Premier League.
Malgré ces prestations, Liverpool souffre encore, comme en atteste leur défaite de la 29e journée face à la lanterne rouge. La défense centrale commet notamment encore trop d’erreurs, et la saison difficile de Salah a un impact significatif sur la production offensive. Ils ne peuvent pas non plus reposer sur une stratégie efficace sur les coup de pieds arrêtés, mais comptent dans leur rang une arme de choix sur coup-franc direct, en la personne de Dominik Szoboszlai. Le hongrois réalise, malgré le marasme collectif, une saison personnelle très au dessus des standards de son équipe. Mis en difficulté par l’arrivée de Wirtz, sa reconversion comme latéral droit est l’une des grandes sources de satisfaction de la saison de Liverpool.
L’aller en Turquie sera sans doute difficile à négocier pour les Reds, mais ils y auront l’occasion de prendre leur revanche, avant d’accueillir dans l’enfer d’Anfield une équipe en difficulté hors de ses bases. Décroché en championnat, Liverpool aura l’occasion de faire un beau parcours européen, et celui-ci commence par démontrer leur supériorité face à Galatasaray.
