Préface des huitièmes de finale de Ligue des Champions : Atalanta – Bayern
Invaincue durant le mois de février si on met de côté la défaite du match aller contre Dortmund rapidement réparée, l’Atalanta va mieux. Mais en face d’elle se dresse le Bayern, favori de la compétition, qui souhaitera faire mieux que leur quart de finale de l’an passé.

Nouveau tour de la compétition, et nouveau club allemand à affronter pour l’Atalanta ! Vainqueur héroïque au match retour face à Dortmund, la Dea a une nouvelle fois prouvé qu’il ne fallait pas la sous-estimer en Ligue des Champions.
Dans une Serie A très disputée dans la course à l’Europe, le club a souffert en début de saison. Le choix d’Ivan Juric pour remplacer Gianpiero Gasperini n’a pas payé, et la mire a dû être redressée dès le mois de novembre. Raffaelle Palladino a su améliorer peu à peu la situation, portant aujourd’hui l’Atalanta à la lutte avec Como et la Juventus pour les dernières places qualificatives en coupe d’Europe.

En Ligue des Champions, malgré la gifle reçue d’entrée face au Paris Saint-Germain, le parcours a été solide. De belles victoires acquises dans les moments chauds (comme face à Marseille ou à Chelsea) ont confirmé que l’Atalanta était désormais un habitué de la compétition, mais certaines défaites évitables (Union St Gilloise, Athletic Bilbao) ont plombé le bilan comptable. Au final, une quinzième place acquise pour se qualifier aisément pour la phase de knock-out a rassuré les supporters, inquiets après le début d’exercice compliqué de leur équipe.
Il faut dire que 2025-2026 marquait un tournant dans l’histoire récente du club : après 9 saisons, Gianpiero Gasperini a fait ses valises pour la Roma, et remplacer l’un des plus grands artisans de la réussite du club dans les années 2020 était un défi. En reprenant les bases laissées par son prédécesseur, Palladino assure une continuité dans le projet de jeu bergamasque, et le retournement de situation au match retour contre Dortmund a démontré toute la force mentale de cette équipe.
Mais face à cette Atalanta en confiance, le Bayern se dresse. Assurément dans le top 3 des meilleures équipes d’Europe cette saison, les allemands ont réalisé une phase de ligue autoritaire, dauphins d’Arsenal et uniquement battus par les anglais.
L’équipe de Vincent Kompany est un rouleau compresseur. Déjà impressionnants l’an dernier, ils sont encore montés en régime cette saison, et voudront faire mieux que le quart de finale perdu face à l’Inter en 2025. Solidement installés en tête de la Bundesliga (11 points d’avance à la J24), les bavarois ont déjà amélioré leur classement de la phase de ligue, et se placent désormais comme l’un des favoris à la victoire finale.
L’arrivée de Luis Diaz à l’été a amené une plus-value immédiate, et l’association Tah-Upamecano assure bien plus de garanties que la saison dernière dans l’arrière-garde.
Vincent Kompany peut compter sur un effectif globalement plus équilibré, qui lui permet d’opérer une rotation bienvenue sur la durée d’une saison. L’intégration de jeunes joueurs comme Tom Bischoff ou Lennart Karl permet au club de diversifier son approche, et le football relationniste prôné par le jeune entraîneur belge prend peu à peu forme.

Dans les cages, l’arrivée l’hiver dernier de Jonas Ürbig est une source de satisfaction supplémentaire, le dossier de l’après-Neuer ayant toujours été un point d’ombre de la gestion sportive du club. Le jeune portier allemand trouve peu à peu ses marques, et avec 4 clean-sheet sur 7 matchs de Bundesliga disputés, les supporters bavarois voient déjà en lui le successeur désigné du champion du monde 2014.
Mêmes avec quelques pas de côté, comme la défaite en Bundesliga face à Augsbourg, ce Bayern semble armé pour jouer toutes les compétitions, et une demi-finale semble le minimum que le club puisse espérer. Relativement épargné par les blessures, le secteur offensif Diaz-Kane-Olise montre une grande complémentarité, chacun amenant le danger de manière différente mais toujours efficacement. Si le choix de nommer Vincent Kompany avait posé question à l’été 2024, il faut reconnaître que le projet de jeu du belge est de plus en plus cohérent.
Malgré le réveil de l’Atalanta et la dynamique récente positive, il reste difficile de les imaginer venir à bout de ce Bayern. Bien plus armés que l’an passé, les bavarois auront soif de montrer qu’ils sont les favoris de la compétition. Avec un matelas confortable en tête du championnat et la possibilité de pouvoir opérer un turn-over plus important, le Rekordmeister pourra concentrer ses forces sur la Ligue des Champions, et l’Atalanta devrait être la première à en faire les frais.
