Lionel Messi : histoire d’une rédemption

Retour en 2016 : le 27 juin au Metlife Stadium de New-York, Lionel Messi annonce sa retraite internationale à l’âge de 29 ans à la suite de sa troisième défaite consécutive en finale de grand tournoi. 

Après la Coupe du Monde 2014, les deux finales de Copa America perdues en 2015 et 2016 sont les revers de trop pour Messi. Dix ans plus tard, il a ce soir l’occasion de remporter son second Mondial de suite. 

Décryptage d’une rédemption.

Le retour difficile

Cette annonce fait l’effet d’une bombe à Buenos Aires au début du mois de juillet. S’il n’a jamais effleuré les sommets atteints par Maradona, l’attaquant du FC Barcelone reste l’un des plus grands joueurs de l’histoire, et l’Albiceleste va rapidement faire de son retour un objectif prioritaire. 

La décision de La Pulga, au-delà des raisons précédemment évoquées, intervient dans un contexte tendu au sein de l’AFA. Soupçonnée d’une trop grande ingérence politique sous fond de corruption, la fédération est placée sous tutelle par la FIFA et le projet doit reprendre de zéro. 

Diego Simeone et Mauricio Pochettino refusent de ce fait le poste de sélectionneur, l’Argentine finit par se rabattre sur Edgardo Bauza, qui assume pleinement dès sa prise de fonction faire du retour de Messi la raison première de son engagement. 

Quelques semaines plus tard, le numéro 10 annonce revenir pour « aider de l’intérieur » son pays mal embarqué dans les qualifications pour la Coupe du Monde 2018. Une fois le tournoi venu, la sélection désormais emmenée par Jorge Sampaoli déçoit. Après une phase de poules difficile, l’élimination intervient dès les huitièmes de finale contre le futur vainqueur français. 

Scaloni : et tout change

Au sortir de ce nouveau tournoi raté, Lionel Scaloni – adjoint de Sampaoli – est nommé en tant qu’intérimaire. L’histoire nous prouvera plus tard la justesse de ce choix, quoi qu’en dise Diego Maradona à l’époque. La légende napolitaine s’était exprimé en ces termes : 

« Scaloni est un bon gars, mais il n’est même pas capable de diriger la circulation. Le problème c’est que demain il devient entraîneur et dit ‘je veux aller à la Coupe du Monde’. On peut aller au Mondial de moto, pas de football. »

Scaloni répond de la meilleure des manières : sur le terrain. Son premier grand tournoi se termine par une issue positive avec la troisième place en Copa America 2019, compétition qu’il remporte deux ans plus tard. 

La suite est évidemment connue avec cette victoire au Qatar. Pour parvenir à relever cette sélection historique, Scaloni s’est appuyée sur une idée simple : gagner grâce, mais surtout pour Messi. 

Toute son approche tactique repose sur la possibilité de trouver le capitaine dans l’espace libre. Pour lui laisser le loisir de développer ses actions individuelles, tout le collectif est mis à disposition. Dans un vestiaire rempli de stars, se battre pour le plus grand d’entre eux devient une motivation supplémentaire. Le message est passé : l’Argentine a gagné en jouant pour Messi. 

2026 : le plus beau des points finaux ?

Dix ans après le point le plus bas de sa carrière, Lionel Messi peut ce soir devenir double champion du monde. Au stade où tout était terminé en 2016, son pays affronte ce soir l’Espagne, qui court après son second titre. 

À 39 ans, le rideau devrait être tiré après cette finale. Pour prendre définitivement sa revanche, gagner là où il a connu la plus grande défaite de sa vie serait un point final magistral.